mardi 6 février 2018

Défi ZD* - VRAC VS fait maison

Dans les trucs et astuces Zéro Déchet on trouve beaucoup de recettes de choses à faire soi-même.
Notamment dans l'hygiène et la cosmétique. 
De la lessive au savon en passant par le maquillage, les recettes pullulent.

Or il se trouve que chez nous, on pratique du Zéro Déchet sans faire beaucoup de choses nous mêmes finalement. En tous cas on a pas recours au DIY* de manière systématique, surtout depuis que l'on a une épicerie en vrac à proximité.

Je vous ai fait un petit tableau récap personnel sur les avantages constatés entre DIY et VRAC selon les critères.



Sans surprise, le vrac donne l'avantage d'être peut coûteux en temps et en transport, par contre le contenu est plus sûr sur le DIY (surtout quand les étiquettes contiennent plein de libellés scientifiques qui ne nous disent rien ou se contentent de "90% d'ingrédients d'origine naturelle", sans aucune précision - ce qui n'est pas le cas dans notre épicerie).
Par contre, contrairement au discours qui voudrait que le DIY soit l'outil ultime pour gagner de l'argent et des emballages, j'ai pour ma part un bilan plus mitigé.

Du coup le choix du vrac ou du DIY va dépendre de l'équilibre entre ces différentes données et du bilan économique et écologique global. Qui sera différent selon chacun.

Je fais moi-même si :
- c'est facile et rapide à faire
- ça demande uniquement des produits de base et pas de matériel spécifique.
- la fabrication apporte une vraie plus value écologique par rapport au vrac.

Le meilleur exemple c'est ma lessive de cendres qui me permet de récupérer les cendres de ma cheminée (tamisées) et l'eau du sèche linge ou de la douche. Je mélange les deux, je laisse décanter et point barre : rapide, écologique, efficace.
Sinon on fait nous -mêmes : le "pshitt pshitt" vinaigre + agrume, le dentifrice (mais je cherche encore la formule parfaite), le déodorant.

Pour le shampoing j’attends de tester le rapport prix/qualité entre vrac et DIY.

Nous achetons en vrac le produit vaisselle (à main et lave-vaisselle) la lessive (que j'utilise en cas d'odeurs fortes qui ne partent pas avec la cendre par exemple - ça représente 1 à 3 flacons par an), les savons (liquides et solides) - le vinaigre.
On achète en "pas vrac" : le liniment (fait maison = deux bouteilles - acheté = une bouteille)

On achète pas : les baumes et crèmes faites maison parce que c'est ma sorcière de maman qui nous les fabrique ^_^. (donc DIY)
                       de cosmétiques : je dois avoir le même stock de maquillage depuis des lustres. Je me maquille très peu et pour tout ce qui est crèmes et consors, nous utilisons une ou deux crèmes qui servent pour tout (faites par ma sorcière de maman).

Voilà pour nous, j'espère que ça vous aidera dans vos choix futurs.

*Do It Yourself


Défi ZD* - ret'ex' - Rencontre 0 - compost et auto satisfaction.

2017 fut l'année des efforts en solo sur le ZD* (enfin l'année "coup de boost", parce que la démarche ça fait des années qu'on planche dessus). Oui mais voilà, ma poubelle semblait ne jamais vouloir rétrécir et j'étais bien loin du bocal de la famille Pichon.
La solution pour moi ? Jouer la carte de l'échange et du collectif ! Alors j'ai eu l'idée de lancer un groupe de soutien au ZD* par le biais de l'Arbre à Noyaux...... Et j'ai fait un bide monstrueux.

Alors autant vous dire que quand l'association Graine d'Ortie qui a eu la bonne idée de se créer à deux pas de chez moi (bien avant que ce ne soit mon chez moi d'ailleurs) a eu aussi la bonne idée de lancer un Défi famille sur le Zéro Déchet, je me suis inscrite dans la minute !!

Je vous propose donc de vous faire un retour d'expérience après chaque séance (de mon point de vue évidemment). Sans vous raconter la séance en elle-même mais en témoignant ce que qui aura concrètement changé chez nous après chaque rencontre et de ce que l'on fait déjà dans chaque domaine. 


Cette première rencontre aura surtout servi à faire connaissance les uns avec les autres (et ce n'est pas rien ! On a rencontré des voisins super sympas avec qui ont voudraient faire des trucs, des projets d'association avec lesquels on pourra faire d'autres trucs, toussa, toussa...).
Mais on en a tiré deux éléments impactant à court terme.

1)  un bilan super positif de nos actions passées ! Nous avons du peser nos poubelles pendant un mois et le résultat m'a énormément surpris : 250g de déchets non recyclables par personne et par semaine et la même chose en recyclable ! Contre 4.5kg en moyenne par habitant de la communauté de commune.
En fait si ! Ma poubelle rétrécit bel et bien !
Loin de nous donner envie de nous vautrer dans l'autosatisfaction cela nous a encore plus motivé : les efforts payent ! Objectif à la fin du défi : 125g : personne (soit une poubelle de 30l par mois).
Il se trouve qu'en faisant régulièrement un re-tri de ma poubelle noire pour virer tout ce que mon homme et mes enfants mettent dedans par erreur et bien..... on a réussi à atteindre une poubelle par mois dès le mois suivant !
Qu'à cela ne tienne, on essaye de stabiliser cela et si ça fonctionne : je monte l'objectif à une poubelle par trimestre !
#verslinfinietaudelaaaaaa

2) un composteur collectif.

C'est la rencontre de deux soucis qui mis ensemble font une solution (la magie du - + - = +).

Souci 1 --> J'ai réalisé suite à une longue discussion sur le compost que beaucoup de gens ne compostent pas car ils ne jardinent pas - quand bien même ils possèdent un terrain.
C'est dommage car le simple fait de composter peut aider à réduire radicalement vos déchets ménagers !
Et pour info : le compost n'est pas obligé de servir au jardinage ! Vous pouvez composter pour le simple fait de rendre à la nature ce qui vient d'elle.

Souci 2 --> nos poules sont voraces (pire que des cochons les mémères !) et nous dézinguent une grosse partie de nos déchets alimentaires qui manquent à notre compost.

Souci 1 + souci 2 = SOLUTION !

Nous avons donc installé une poubelle devant notre maison avec un p'tit mot et invitons nos voisins qui ne compostent pas à nous faire dons de leurs déchets organiques.



Et voilà comment on change le monde ! ^_^***

La suite après la prochaine rencontre sur l'alimentation et les courses !


*Zéro Déchet

lundi 22 janvier 2018

Je crois que nos enfants ont besoin d'avoir des parents imparfaits

Ce jour-là, nous étions en rendez-vous avec la maîtresse (la routine des évaluations, rien de grave) et on discute et on admet que oui, là, sur ce point on est pas très bons et la maitresse nous répond :
"Les enfants ont aussi besoin de nos erreurs / que l'on fasse des erreurs". (ou un truc du genre)


...... Attendez....
Comment ça ?

Non parce que moi, cette phrase, elle m'a interpellé. 
Et comme je n'ai pas eu le temps de discuter plus avant de la question avec la maîtresse, il a bien fallu que je réfléchisse là-dessus. 

Parce que ça m'intéresse moi ce genre de réflexion vu que des erreurs avec mes enfants, j'en fait plein. 
Genre.... tout le temps. 

Alors j'ai réfléchi (si si!).
Et si j'arrivais à être la mère parfaite : celle qui ne crie jamais, qui est toujours là, à l'écoute, qui ne blesse pas, qui est un exemple permanent de bonne conduite, d'ouverture d'esprit, de bienveillance, de respect, et que sais-je...
Est-ce que ça serait vraiment mieux pour mes enfants ?

Ou est-ce qu'au final ils ne seraient pas comme ces personnes qui lorsqu'ils perdent un parent perdent tout, jusqu'à se perdre eux-mêmes ?
Parce qu'ils ont perdu pas seulement un parent mais aussi leur modèle, leur guide, leur confident, leur refuge. 
Des personnes qui n'ont jamais eu l'occasion d'aller chercher chez d'autres, ou encore en eux-mêmes ce que leur parent ne leur a pas donné.
Des personnes qui tout à coup découvrent que le monde n'est pas à la hauteur de ce parent et de tout ce qu'il a apporté.

Peut-être qu'ils n'auraient plus envie de se détacher de ce parent parfait qui leur apporte tout ?
Combien d'adultes n'ont pas "coupé le cordon" ?

Ou est-ce que je ne prends pas le risque qu'ils grandissent dans l'ombre de ce parent parfait qui ne fait jamais un faux pas ? Qui semble si grand d'âme qu'on a peur de ne jamais être à la hauteur de ce qu'il représente, de ce dont il est capable ou de tout ce dont on se sent redevable auprès de lui. 

Des über-parents j'en connais. Des enfants de über parents j'en connais aussi. Et quand je prends du recul, je me dis qu'en fait...

En fait je n'en sais rien.
Peut-être que je me rassure et c'est tout.
Mais...
Peut-être que je leur rend service à mes enfants quand je leur donne l'occasion d'être en colère après moi ? De râler après moi. De penser que je me suis plantée, que je fais pas comme il faut, que je comprend rien. 
Parce que je leur donne l'occasion d'avoir envie d'aller voir ailleurs. 
Parce que je leur donne l'opportunité, d'écouter leur cœur, leur intuition. 
Parce que je leur donne une référence à partir de laquelle ils sauront d'emblée que "là" ils pourront faire mieux, ou "pas comme ça".
Parce que je leur donne l'occasion de me donner tort et eux d'avoir raison. Ou juste de pas être d'accord.

Je me rends compte que ça me fait du bien à moi d'avoir conscience et de blablater sur les défauts de mes parents. J'ai trouvé de la confiance là dedans.
Que ça m'a forgé de ne pas avoir tout reçu ou même d'avoir été plombée par moment, parce que si j'ai surmonté cela, je sais que je me le dois à moi-même. J'ai trouvé une force là dedans.
Je me rends compte que certaines révolutions dans ma vie, je les ai parfois construites sur la base de ce qu'à mes yeux, ils avaient raté et que certains de mes choix positifs sont proportionnels aux impressions négatives qui les ont engendré.

Je crois qu'en fait, en voulant faire bien, on est jamais sûr de ne pas faire (de) mal.

Je crois que mes enfants ont besoin d'une maman qui rêve d'être une maman parfaite, et qui se bat pour y arriver. 
...
Mais je crois aussi qu'ils ont besoin que je n'y arrive pas. 







jeudi 11 janvier 2018

Pourquoi ? Pourquoi ? et Pourquoi ?

Un petit article pour partager ici une astuce que j'ai donnée à mon coiffeur et qui lui a bien plu.

Sa fille de 3/4 ans est en pleine période du "pourquoi?". Période en générale assez peu aimée des parents.
Globalement ce n'est pas que la plupart rechignent à accompagner leurs enfants dans la découverte du monde mais très souvent, un "pourquoi" répondu en amène un autre, et un autre, et un autre, et un autre, et un autre, et un autre, et un autre, et un autre...

Pour couper court à ce genre de "pourquoi" en chaîne, j'utilise une technique tout simple

"Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?"

Je ne saurais vous dire d'où vient la paternité de cette technique que je n'ai pas inventé mais sa pratique m'a prouvé de manière empirique que c'est très efficace.

En fait, la plupart du temps, Minimog a déjà une réponse ou une idée. J'en suis venue à me dire que les "pourquoi" répétés sont une façon indirecte pour les enfants de confirmer les théories qu'ils élaborent mais qu'ils ne transmettent pas directement.

Et si ce n'est pas le cas, et bien ça incite l'enfant à réfléchir par elle/lui-même au lieu de chercher des réponses toutes faites auprès des autres (bonus + 1 en autonomie).
Rebondir sur les théories pré-élaborées génère en général une vraie discussion qui se passe de "pourquoi" à répétition parce que c'est l'adulte qui se met à poser les questions dans une sorte de maïeutique socratienne.

Et enfin - bonus non négligeable - c'est l'occasion de profiter des théories de nos enfants avec leur logique toujours si fine et si décalée qui nous émerveille et nous font rire à fois chaque fois.

Pour l'exemple, et parce que j'avais adoré, un échange entre une des anciennes animatrices de l'antenne LLL locale à propos d'une autre animatrice avec son fils de 2/3 ans.
" Maman, pourquoi I. elle porte un voile sur la tête ?
- Qu'est-ce que tu en penses toi ?
- ............................. Je crois que son cerveau dépasse de sa tête."

^_^****



vendredi 29 décembre 2017

Bilan 2017 et perspectives 2018 (2019, 2020, et l'infini et au delà) de nos projets de vie.

Elles ont mal commencé les vacances en famille. Papa-San et moi étions très fatigués et surtout Papa-san commence à ressentir les effets pas glop de la vie à la maison. Ces effets qui font que, tout lâcher pour rester chez moi ce n'est pas encore pour moi + des pannes à répétition, engendrant des frais imprévus + les couchers apocalyptiques de Raoudi + une rage de dent chronique. Les tensions s'accumulaient dangereusement jusqu'au 24 après midi où on en était encore à se prendre la tête à haute voix.

Mais le Yin et le Yang sont mêlés et après la tempête vient le calme et la discussion. 
Ce fut après coup l'occasion pour nous de lever le voile sur les incompréhension qui pourrissent notre quotidien et de faire un point sur notre vie, nos projets, nos envies.

2017 fut intense. 
Quand je prend du recul je me dis qu'on a quand même cumulé pas mal de choses en même temps ces deux dernières années : nouvelle maison, nouveau mode de vie (sur le plan écologique notamment), nouveau bébé. Tant de remises en question, d'essais, de ratés, de recherches, d'énergie déployée, d'incompréhensions, de terrains à défricher, de malaises aussi, notamment vis à vis de cette société qui est la mienne.
Combien de fois me suis-je dit que c'aurait été plus facile si on avait eu ces prises de conscience avant. Avant d'être parent, avant d'avoir la maison, quand on avait le temps de prendre nos marques, de tester, de remettre en question et qu’aujourd’hui on aurait "plus qu'à...". Et puis je me reprend et je sais que ça ne pouvait pas se passer autrement parce que ce sont mes enfants qui m'ont apporté ces prises de conscience et que c'est avec cette maison que nous concrétisons nos choix de vie.
Ce qui est, est ce qui doit être.

Et puis je regarde ma vie, et je me dis qu'on est bien.
Que je n'échangerais cette vie contre celle de personne.

Ça me fait drôle parfois de voir toutes ces réflexions par lesquelles je suis passée, cette image de la vie "bien" que je m'étais construite de parents bienveillants et d'enfants libres et ce que l'on est aujourd’hui.

De l'extérieur, on est une famille des plus lambda : il y a une énorme télé qui trône dans notre salon et sous laquelle on trouve plllein de jeux vidéos, on est envahis par les princesses Disney et mes enfants réclament des bonbons et la télé toute les 2 minutes 30, ma fille s’habille en rose et collectionne les licornes arc en ciel, elle va à l'école, "normale", mon fils joue aux voitures, au "fuut" et se sert du moindre truc pour taper tout ce qui passe, mon mari passe trop de temps sur son portable, on crie encore trop et y a toujours des trucs qui trainent partout sans qu'on sache pourquoi ils sont là,...

Y a bien quelques éléments qui détonnent un peu: des dreamcatchers un peu partout, l'absence de frigo, la sciure dans les toilettes, mon fils qui se déguise en princesse sans que ça ne gêne personne et ma fille qui s'entraine à être une guerrière trop forte et trop musclée, papa qui lève le nez de son téléphone pour évoquer la vidéo sur la nouvelle technique d'aquaponie qu'il vient de découvrir (que même le correcteur orthographique de Windows 10 y connait pas ce mot...).

Mais l'essentiel est ailleurs. Il est dans cette conscience qui nous habite, qui nourrit nos gestes, nos mots, notre façon d'être au monde. Ça c'est finalement quelque chose qui ne se voit pas. Il faut sortir se promener avec mes enfants pour réaliser à quel point ils sont restés connectés à la nature et ouverts au monde, il faut parler avec eux pour réaliser l'étendue de leur culture et à quel point ils sont ancrés en eux-mêmes, il faut passer du temps avec nous pour réaliser tous les efforts que nous mettons dans nos paroles, nos gestes, nos décisions pour nous respecter, -même si on y arrive pas toujours- et pour voir nos progrès, petits mais réels. En fait, Il n'y a que nous qui puissions mesurer tout cela.

C'est pourquoi il m'appartient d'être celle qui sait apprécier ce que nous vivons,  ce que nous construisons. Sans attendre le regard du monde extérieur.

Moi seule suis capable de voir toutes les petites ou grandes victoires qui se cachent derrière mon homme qui réagit à une bêtise de ses enfants sans se mettre à hurler ou à les rabaisser, quand je rentre le soir et qu'il me dit pour la troisième fois de la semaine que c'est lui qui va faire à manger, quand c'est lui qui propose une sortie en famille, quand il répond aux commentaires de personnes qui s'extasie qu'il s'occupe seul de ses enfants que c'est normal.
Quand ma fille me dit qu'elle n'aime pas jouer avec J. parce que :"Elle veut qu'on l'aide à taper son frère et moi je trouve que c'est pas juste de faire ça, j'ai pas envie, alors je lui ai dit qu'il fallait pas faire ça!", qu'elle vient me voir dans ma chambre pour me dire que je n'ai pas de le droit de lui parler comme je l'ai fait, ou qu'elle est désolée de m'avoir parlé comme elle l'a fait, quand elle prend soin de son frère où qu'elle me dit qu'elle l'aime.
Quand mon fils affirme ses choix, qu'il fait des bisous à sa sœur, qu'il essaye de faire "tout seun".
Quand je prend le temps de me poser sans culpabiliser, quand je fais toutes ces choses que je n'aurais jamais oser faire avant, quand je me regarde dans la glace en étant capable de me sourire avec tendresse à moi-même, quand j'arrive à faire la paix avec mes aspirations et ma culture, en continuant à rêver, encore et toujours.

Et quand je regarde tout ça : je ressens une joie immense et je mesure à quel point ma petite famille imparfaite est un trésor.


Et la suite alors ? 

On est certains d'une chose : nous avons besoin d'un objectif. Surtout papa-san qui vit très de mal de ne pas savoir où il va. 
Mon homme est un esprit actif - un esprit constructeur même- il aime construire, des legos à un potager écologique, il a besoin de travailler sur quelque chose, sinon c'est la déprime.

Nous avons mis les choses à plat, nos aspirations à tous les deux et comment nous pouvons en faire un projet commun. 
En fait, il en est sorti deux projets :
- le premier c'est le retour du collectif, voir du communautaire. Faites nous gagner au loto et c'est certain, nous rachetons un village pour y faire une communauté autonome. Papa-san qui était retourné avec l'achat de la maison à une vision plus solo est en train de revenir à notre constat de base : "tout seul, on y arrivera pas". Sauf qu'on ne joue pas au loto et qu'on ne sait pas comment commencer. L'état d'esprit en Moselle n'est pas à ce genre de projet, le climat est rude, on ne connait personne qui soit vraiment motivé et qui ait de quoi investir. On est quand même tombés d'accord sur l'importance de continuer à porter cette idée, même doucement : en parler, réfléchir, chercher des opportunités, mais en arrière plan. Car de toutes façons, on vient d'acheter une maison et il serait assez peu judicieux et ruineux pour nous de revenir là dessus avant quelques années.

- en attendant le deuxième projet c'est la maison justement. 130m2 de partie habitable qui nous suffisent amplement et qui nous conviennent: reste un four à pain, 200m2 de grange, 20 ares de terrain attenant et deux petits vergers extérieurs qui restent à exploiter. Nous avons de quoi faire sur cette demeure pour laquelle nous payons déjà de toutes façons. Donc le but ici c'est de l'exploiter à fond pour aller vers une autonomie maximale (totale, je ne pense pas) et éventuellement d'en faire une source de revenus. Les idées sont multiples. 
A long terme, si le projet de communauté ne fonctionne pas, on aimerait pouvoir tous les deux travailler "à domicile" et pouvoir dans la foulée offrir enfin à nos enfants le choix de la non scolarisation : à peu près au moment où Minimog entrerait au collège.
Aujourd'hui c'est trop tôt. Le faire avec de très jeunes enfants : je ne me sens pas de le faire parce que clairement, je pense que je ne ferais que ça et je n'en ai pas envie. Mais je pense remettre l'idée sur le tapis quand ils auront gagné en autonomie, et quand l'objectif sera différent : le primaire offre les apprentissages de bases et à la maison, nous ne ferions quasiment que leur apprendre les mêmes choses qu'à l'école - pas forcément en mieux* - et ensuite pour nous, le collège c'est la période où l'enfant ouvre ses horizons et cherche sa voie. Ça nous parait être un bon moment pour leur offrir une liberté plus grande car à ce niveau, le non-sco offre une plus value accrue par rapport à l'école*. Autre argument non négligeable : la possibilité de voyager hors vacances scolaires. Le voyage c'est très important pour nous et cela fait partie intégrante de notre projet éducatif. Le problème c'est que les vacances scolaires coïncident avec des périodes clefs pour la production potagère et il nous sera difficile de concilier les deux. Pouvoir nous libérer de ce carcan pour voyager plus librement sera un plus non négligeable pour nous. Nous verrons bien. C'est en tous cas une piste à réouvrir et qui me permet d'être en paix avec ce problème pour encore 5 ans.      

A titre personnel, j'ai des envies très fortes du côté du féminin sacré. Nous avons mis en place avec Charlie les prémices d'un cercle de femmes récurrent centré sur les saisons. J'ai aussi en tête des cercles thématiques et l'envie à plus long terme de me former à l'accompagnement à la naissance. Pas tout de suite car il me faut encore faire la paix avec mon propre vécu et pouvoir investir dans une formation (payante) mais j'espère tenter l'aventure doula dans quelques années. Soins rebozzo,  modelages du corps, cérémonies de renaissance, blessingway, cercle de paroles, pourquoi pas des animations thématiques sur le portage dans mon coin, la diversification autonome, l'allaitement : j'ai plein d'envies à ce niveau mais pas mal de formation à acquérir et quelques projets dans lesquels je suis investie que je dois achever (évènement culturel, groupe de soutien zéro déchet, s'occuper d'un petit bout de chou de deux ans) pour ne pas retomber dans le burnout de surmenage. Donc pas avant au moins 2019 pour le début de formation et 2020 pour commencer à concrétiser. Patience, patience...
Et si vraiment j'en trouve l'énergie, le travail de la laine me plairait aussi beaucoup. Pour l'instant je m'en tiens à mes tissages circulaires en dilettante mais qui sait si la chaine de fabrication globale ne serait pas un aspect créatif qui me plairait. Mais ça c'est du super bonus.^_^

Et pour le blog et bien.... J'ai une idée que j'aimerais réaliser mais chut !! je n'en dis pas plus, si ce n'est que ça sera de la vidéo. 

Voilà pour nous. Évidemment, je continuerai à partager nos avancées avec vous, pour celles et ceux que ça intéresse.  

Bonne nouvelle année à vous et à vos familles. Tous mes vœux vous accompagnent.

 
* je n'entends pas par là que le non-sco en primaire me parait inutile. Tout dépend des familles. Simplement je ne suis pas certaine - meuah - de faire mieux que ce que l'école peut offrir, n'étant pas motivée à l'idée de faire de la pédagogie du matin au soir. C'est donc un avis qui est centré sur notre famille et pas une opinion généraliste. 

mardi 19 décembre 2017

Anniv et Noël ZD / slow conso / éconoécolo (enfin le plus possible...)

Voilà longtemps que je n'avais pas partagé un bilan de mes avancées "Zéro Déchet & co". 
Celui-ci est assez lourd puisqu'il concerne les récents anniversaires de mes enfants, ainsi que les préparatifs de noël. L'occasion pour moi de sortir la tête du guidon de 3/4 mois ininterrompus de préparation de "fêtes à cadeaux" pour cibler quelles ont été mes réussites et mes échecs en la matière.
 

Essai n°1 - Les anniversaires : un bilan mitigé : 

En novembre nous avons fêté l'anniversaire des zouzous et j'avais la ferme intention d'englober l'évènement dans notre démarche zéro déchet / récup / anti matérialisme, etc.
Objectif : le moins de déchet possible (visibles ET invisibles), petit budget, cadeaux d'occasion et en nombre limités. #mamandalaautaquet.

J'avoue que, ....ça n'a pas été comme je l'espérais.

Les cadeaux : 

A la base, Minimog  devait n'avoir que deux cadeaux désirés (un déguisement de Vaïana et un perçage des oreilles) + une parure de lit Reine des neiges achetée par ma mère.
Pour mon fiston, des Duplos car il s'intéressait de près au Legos de sa sœur au grand damne de celle-ci et un lecteur de CD car il squattait aussi celui de sa sœur sans que les deux parviennent à se mettre d'accord sur la musique à écouter.  
Ça me paraissait parfait : ça ne gonflait pas trop le stock de jouets que les enfants possèdent déjà tout en répondant à leurs envies : tiptop.

D'emblée je dois vous faire une parenthèse sur la nature des cadeaux pour les enfants chez nous. Qu'est-ce qu'on leur offre ?
Après des années de tergiversation où je suis passée par toutes les tendances, ma position est de faire tout simplement des cadeaux selon les envies de mes enfants, en essayant pour autant de ne pas alimenter la machine à consommer des "chinoiseries" (terme employé par Jérémie Pichon dans son livre pour désigné les jouets en plastique qui n'apportent pas grand chose. N'y voyez pas là une attaque anti-chinois)
- Exit les catalogues de jouets. Bah oui ! On va pas se tirer une balle dans le pied. Déjà parce qu'on ne reçoit aucune pub dans la boîte aux lettres depuis longtemps. Ensuite parce que de tendre un catalogue de jouets génère des envies qui n'existaient pas avant. C'est un principe que je m'applique à moi-même pour réduire ma consommation : si tu n'en as envie que quand tu connais l'existence d'un bien, c'est que tu peux t'en passer. Enfin parce que pour avoir z'yeuter le contenu desdits catalogues, je trouve que c'est un sacré ramassis de choses totalement dispensables.
D'un autre côté...
...- Exit aussi les "jeu intelligents" typés Montessori and Co qui de toutes façons n'ont qu'un intérêt limité dans le temps ou limité tout court chez mes enfants et qui pour moi ont plus leur place dans un lieu ou le matériel tourne souvent. J'ai compris que c'était plus des choses que j'achetais pour moi, pour me rassurer sur ce que je pensais être bon pour eux et ça désormais, ça fait partie des achats hors fêtes.
En fait ça n'existe plus du tout car nous avons choisi de cesser de nous focaliser sur le matériel. Même intelligemment pensées, je trouve toutes ces choses totalement dispensables.
A contrario...
...- Exit l'idée d'offrir absolument des cadeaux immatériels pour l'instant. De toutes façons quasiment personne ne jouait le jeu et comme justement il n'y a pas d'achat de matériel durant l'année en dehors de ces deux occasions, on y va. Par contre le reste de l'année on mise tout sur les sorties et activités. A choisir, je préfère ça que l'inverse.
- Exit les complexes sur les cadeaux "goodies" (Mia, Pat' patrouille, Disney and co). Si je sais que c'est ce qui allumera des paillettes dans leurs yeux, ça me va. On encourage pas (du tout!) mais entre un jeu d'horloge en bois et une Barbie Reine des neiges, y a pas photo sur ce qui rendra ma fille folle de joie et qui servira pendant des heures et des heures de jeu. Et comme ces moments sont pour eux, je ne me formalise plus.

Pour Raoudi on s'en est bien sortis. Les cadeaux ont été faits comme prévu avec en plus un jeu de fakir fait maison par Super-tonton: j'ai trouvé ça génial et les enfants ont adoré.

Pour Minimog ce fut autre chose. Déjà j'ai eu du mal à faire accepter l'idée du "c'est tout ?".
"Oui, c'est tout. C'est tout ce qu'elle a demandé, pourquoi en faire plus ?".
Ensuite, l'entourage n'a franchement pas joué le jeu. Les personnes qui souhaitaient s'occuper du déguisement m'ont prévenu à la dernière minute qu'ils n'avaient rien trouvé (merci!) et devant la déception de ma fille qui n'aurait pas eu son cadeau le jour J j'ai fini -à deux jours de l'évènement- par l'emmener en urgence chez ... Toys'r'us ! Le McDO des jeux pour enfants ! Elle en est ressortie avec une perruque Reine des Neiges moche et pas à sa taille et des escarpins reine des neiges kitsch et pas vraiment à sa taille non plus...

Le jour J, Mami'nie avait cru bon d'ajouter à la parure de lit une robe chinoise (jusque là tout va bien...) et un ensemble de jouets Pet shop !
"Ah bah merci maman, ça fait 5 ans que l'on parvient à échapper à ce genre de chinoiseries. Voilà, c'est fait... Et puis on avait dit "pas trop de jouets"...
- Oh tu sais je les ai acheté en brocante et je les ai eu pour trois fois rien.
- Oui mais c'est pas parce que c'est pas cher qu'on est obligé d'acheter..."
Bref, les Pet shop ont atterri chez nous pour le grand bonheur de ma fille.
Après tout, j'ai eu aussi en mon temps des Petits Poneys et je n'en suis pas morte, hein ?

Bon, mention passable.

Le repas : 

Sur le repas idem : bilan zéro déchet mitigé. Comme on avait du caser la fête à deux pas d'Halloween et que Minimog adore l'ambiance "fantômes, vampires, sorcières & co", je lui ai proposé de faire un anniversaire Halloween.
J'ai eu l'idée de faire un buffet Halloween avec des plats simples que les enfants aimeraient manger. Le résultat était vraiment sympa (5 heures en cuisine quand même !)




Doigts de sorcière et momies

Cerveaux sanguinolents

Pizzas momies

Araignées et yeux de monstres

Poivrons d'Halloween

Ceci dit, bien que faits maison, les certains plats ont nécessité des aliments par très glop et emballés comme de la pâte feuilletée toute faite et des knacks sous vide.

Mention honorable.

La déco : 

Mami'nie a fait décorer des potimarrons par les enfants à coup d'autocollants et de feutres à paillettes. Bilan ZD moyen tout coup mais c'était à la portée des enfants, ça les a amusé et j'ai trouvé génial qu'ils se chargent d'une partie de l'organisation de leur fête.



Mention bien.


Essai n°2 - Noël : ça part pas trop mal :


Les cadeaux :

Forte de mon essai raté lors des anniversaires, j'ai pris les devants et j'ai décidé de me charger des achats de cadeaux pour les enfants. Finalement ça arrangeait tout le monde.
Je m'y suis donc prise dès novembre parce que je n'avais pas envie de courir en décembre pendant les flambées des prix et la fatigue de fin d'année et parce que l'occasion, ça prend du temps. Et oui !

Voici donc la liste des cadeaux familiaux, leurs prix, et leur impact écologique :

Minimog (qui avait fait une liste que j'ai suivi) :
- Ze déguisement de Vaiana : 21 € envoi compris (valeur neuve en magasin 50€)
 pollution + : avec envoi / pollution - : occasion

- Une robe reine des neiges (encore une, oui !): 10€ (60€ neuve sur Amazon*)
 pollution + : 60 bornes aller-retour pour aller la chercher... /  pollution - : occasion

- une peluche licorne arc en ciel : 8€
pollution + : achat neuf : pollution - : sans emballage et sans transport ni envoi (en plus, bénéfices reversés à une asso caritative donc bon...)

- un lot de Lego Friends (trèèès important): 27€ envoi compris pour un lot sans boîte ni notice (tant mieux, place à l'imagination !) ne pesant pas lourd mais comprenant pas mal de pièces - de type personnages, petites plaques, animaux, accessoires, véhicules, etc. J'estime l'équivalent neuf à environ 60€ (peut-être plus, la moindre petite boite avec deux machins valant 20€ en magasin...)
De quoi faire plaisir à Minimog qui voulait des Lego FRIENDS. J'avoue ne pas être fan de cette série que je trouve très girlyculcul mais elle a de quoi "friendiser" ses créations futures, nous permettant de miser par la suite sur des lots de pièces plus généralistes.
pollution + : envoi / pollution - : occasion

- un puzzle Mia (chez vous aussi c'est la folie avec ce dessin animé?) 5€ (valeur neuve environ 10€)
pollution + : RAS / pollution - : occasion sans emballage (hormis la boite), livré devant chez Ikea où je me rendais de toutes façons.

Raoudi :
- les 4 derniers Petit Poisson blanc qui manquent à notre collection. 40€ les 4
pollution + : achat neuf et commandé sur le site de la FNAC donc emballé / pollution - : l'emballage a resservi pour emballer les cadeaux de la belle-famille.

- un bateau pirate en bois : dans ce genre là :
10 € (valeur neuve entre 60 et 80 € sur amazon* - les bras m'en tombent O_o)
 pollution + : 60km aller / retour pour aller le chercher. Si je m'étais mieux organisée j'aurais pu coupler avec le déplacement pour la robe reine des neiges c'était quasiment dans le même coin... /
pollution - : occasion sans emballage.

- un jeu Pat'patrouille avec 12 figurines et un livre : 5€  (valeur neuve 15€)
pollution + : RAS /  pollution - : occasion à deux pas de chez moi sans emballage.

Je ne vous fais pas tout le reste de la famille mais tout a été acheté à 80% d'occasion dans un rayon de 15/20 km autour de la maison. C'était plus facile que pour les enfants finalement. ^_^

J'avais pensé emballer tous ces cadeaux avec des furoshiki (emballages japonais en tissus). Finalement, après avoir accueilli le père noël du village, j'ai récupéré tous les emballages des cadeaux distribués et les ait réutilisé pour emballer les cadeaux familiaux.
Les cadeaux à envoyer ont été conditionnés dans les emballages des colis que j'avais reçu.

Bilan économique : imbattable. Rien que sur les cadeaux des enfants j'estime l'économie à environ 200€ !!! Le budget que je m'étais fixé au départ était de 50€ par enfant. On est monté à 60€ ce qui revenait à une participation de 10€ par enfant à chaque personne qui participait au financement des cadeaux. Comme on a reçu plus, ça fera une enveloppe pour les sorties quand même.

Bilan écologique : mention bien. Sur l'occasion et les emballages on est assez bons. Je peux encore améliorer en réduisant les envois et les transports (desfois inévitables si l'on cherche quelque chose de particulier). Mais pour une première fois je trouve que je me suis pas mal débrouillée.

Bilan consumériste : peu mieux faire. 5/6 cadeaux par enfant. Ça reste beaucoup. Trop. On en est pas à s'en tenir à "l'esprit" de noël avec genre deux cadeaux sous le sapin. Mais en toute franchise, quand je vois les lots, j'ai surtout hâte de voir leurs sourires au déballage. On ne peut pas gagner toutes ces batailles, hein ? ;-) 

Le repas : 

Du fait maison et un maximum de courses chez des petits producteurs avec un emballage limité.
Aucune vaisselle ni serviette jetable évidemment.
Autre point important : pas d'orgie de nourriture. Lassés des repas interminables avec apéro dinatoire + double entrée + plat + fromage + trou normand + dessert, avec la famille au grand complet où nous attaquions le plat principal à 1 heure du matin, nous avons choisi de faire un 24 en famille restreinte autour d'une simple raclette avec apéro et bûche de noël. Sincèrement, pour moi ces repas de dingues avaient un sens à une époque où les gens se serraient la ceinture toute l'année en mangeant des repas simples et répétitifs et que Noël était l'occasion de faire bombance une fois dans l'année. A une époque où nous pouvons manger des tartines de foie gras (absent de notre table au demeurant) au petit déjeuner tous les jours si l'envie nous prend, nous préférons miser sur une ambiance de noël basée sur les moments en famille que sur la nourriture. Nous consacrerons le 25 aux visites à la famille avec repas de restes de la veille et re-bûche au gouter.
Notre foie nous dira merci, la planète aussi un peu.

La déco / l'avent : 

Nous sommes assez traditionnels sur ce point. Pas de sapin fait de chutes de bois de récup ou en déco murale. Mes enfants tiennent à avoir un "vrai" sapin sur lequel mettre des décorations. Moi aussi.
Point de vrai sapin chez nous cette année cependant, devant les prix pratiqués nous avons ressorti notre bon vieux faux sapin, acheté lors de nos années de misère. Les décos, faites de boules, de personnages en osier et de pommes de pins peintes sont  ressorties tous les ans pour notre plus grand bonheur.

Cependant, Minimog a voulu créer des décorations cette année.
J'ai trouvé une source d'idées super intéressante dans "le grand livre des activités de noël" chez Usborne éditions.
Quasiment tout est faisable à base de papier (de récup bien sûr ) et de colle (faite maison 'videmment) et à la portée des capacités de ma 5 ans. Minimog a même fabriqué des décos en toute autonomie rien qu'en regardant les images.

Nous avons donc passé les siestes de Raoudi du mercredi à fabriquer des décos maison. Je pense que ce livre resservira l'an prochain.

Quant au calendrier de l'avent, là aussi nous sommes classico-classiques. Je sais bien que la mode est aux calendriers sans chocolat mais nous, on aime le chocolat et c'est ce plaisir qui fait se lever mes enfants tous les matins depuis le 1er décembre de savoir qu'il vont commencer la journée en découvrant leur chocolat du jour.
Pas de calendrier jouets donc (ce serait contraire à la démarche entamée par ailleurs) ni de calendrier de petites intentions (bien que je trouve l'idée très belle, personnellement, avoir besoin de petits papiers pour nous faire plaisir mutuellement et me sentir un peu "obligée de" ça me parle pas).
Par contre, si cette année nous avons hérité de calendrier Milka avec carton et plastique jetable, j'ai dégotté de vieux calendriers de l'avent qui contenait des santons pour réaliser une mini crèche dont les santons ont disparu (dommage, j'aimais bien l'idée) mais qui pourront être alimentés de chocolats en vrac l'an prochain et les réutiliser tous les ans.

Et nous clôturerons par notre traditionnelle maraude aux sans abris (traditionnelle depuis l'année dernière en fait ^_^) qui fait des émules dans notre entourage et tant mieux !
Une petite occasion de partager, ce qui est une part importante de l'esprit de noël que l'on passe souvent à la trappe. Les enfants étant très jeunes, on y va mollo sur l'humanitaire mais Minimog m'accompagne désormais dans certaines démarches aux plus démunis et l'idée fait son chemin tout doucement.  
L'an prochain, je compte d'ailleurs recycler une partie des chocolats de St Nicolas à cet effet en y ajoutant des brosses à dents et dentifrice (par expérience, la plupart des personnes vivant dans la rue limitent le sucre faute de produits d'hygiène pour laver leur dentition après coup).
Et oui, Moselle oblige, nous fêtons dument la St-Nicolas ! Mais la quantité de friandises reçue cette année était vraiment abusée et nous avons du mener une bataille sans merci contre les abus de sucre. On ne m'y reprendra pas l'an prochain !

Voilà pour ce (gros) bilan chez nous. On pourrait faire encore mieux mais je suis heureuse de voir que nous sommes en chemin pour de bon. A notre rythme, mais je préfère aller doucement et m'assurer que chaque pas en avant ne donnera pas lieu à deux pas en arrière.

Et chez vous, ça donne quoi ?


  * je tiens à dire que je ne fais pas de pub pour Amazon, je n'achète absolument RIEN sur ce site qui fait travailler des gens dans des conditions déplorables, c'est pour avoir la référence moyenne du marché.

 




jeudi 7 décembre 2017

Faire la paix avec l'école.

Bon, ce n'est pas un scoop, l'école et moi, c'est pas la grande histoire d'amour.
Enfin plutôt, l'école vue par l'éducation nationale française de nos jours. Si je ne dis pas que tout est à jeter, il y a quand même un gros paquet de choses qui me gênent et que j'avais listé ici, pour celles et ceux que ça intéressent.

Mon gros souci c'est que depuis 3 ans que cette question m'habite, je n'ai pas trouvé le moyen de mettre en place une alternative dans ma vie.

Je vous renvoie à mon article de l'époque sur la question, j'en suis toujours au même point.


Du coup :
Aujourd'hui, on en est là : Minimog entreprend sa dernière année dans cette école que j'aime beaucoup et sauf miracle d'ici là, elle ira au CP l'an prochain. Parce qu'en trois ans et bien, je n'ai pas trouvé de solution pour qu'il en soit autrement. Et moi, et bien, il va bien falloir que je l'assume et que je l'accepte.

C'est lors d'une conférence / échange sur la question "Parents, enseignants, éducateurs, en confiance?" que mon haptonome préférée a eu l'occasion de me transmettre un message intéressant*.

Une personne avait mis sur le tapis la question des devoirs à la maison. J'ai d'abord sagement écouté des enseignants nous expliquer pourquoi c'était indispensable et incontournable et tout (y compris une enseignante se revendiquant de pratiques alternatives, à ma grande surprise), jusqu'à ce que j'explose et que je balance que dans certains pays ça n'existait pas, que ça n'empêchait en rien les enfants d'avoir un niveau de connaissances parfois supérieur au nôtre et de demander quand nos enfants avaient le temps d'être des enfants quand après une journée de 6 heures à rester assis en écoutant quelqu'un leur déverser un savoir unilatéral ils devaient encore passer des heures à refaire la même chose qu'en classe sur leur temps libre ?
J'ai même pris à partie la maîtresse de conférence qui, je le sais, a beaucoup d'idées en commun avec moi sur le développement de l'enfant.
Elle m'a répondu : 
"On peut discuter sur le plan philosophique de l’intérêt des devoirs, moi je suis contre mais le fait est que vous êtes en France et que vous avez choisi de mettre votre enfant à l'école".
Alors déjà, ça me pique toujours, quand on me renvoie à la figure que c'est un choix.
On va pas se mentir, parmi les familles qui ont mis en pratique le choix de déscolariser ou de scolariser leurs enfants en cursus alternatif, "par principe", la grande majorité sont plutôt aisées sur le plan financier et/ou privilégiées de par leurs possibilités de cumuler emploi et non-sco et/ou par l'aide qu'elles reçoivent par ailleurs (on me dit dans l'oreillette que non. Ça reste mon bilan personnel mais il n'est surement pas représentatif de toute la réalité, famille en IEf à bas revenu, n'hésitez pas à commenter vous m'intéressez !). L'instruction alternative c'est un bonheur oui, mais c'est aussi un luxe ou un sacrifice dans notre pays.
Ceci dit, limiter ma situation à "je n'en ai pas les moyens", c'est trop facile.
OUI, c'est un choix. Certaines personnes ayant des revenus moindres que les miens font ce choix tout de même. Nous pourrions sacrifier d'autres éléments de notre vie, d'autres projets si l'urgence se faisait sentir donc, oui, même si j'ai du mal à l'admettre, c'est un choix.Un choix plus difficile à faire que pour d'autres mais un choix.

"Vous la/le mettez à l'école et en même temps vous êtes en colère contre le système. Ce faisant vous créez un conflit pour votre enfant : si vous choisissez de mettre votre enfant à l'école, alors que ça vous angoisse, vos enfants le sentiront, ils ne comprendront pas pourquoi vous les mettez dans un système que vous réprouvez. (bref, je créé à nouveau un hiatus - clin d’œil à André Stern, ma vie est remplie de hiatus) Ça ne pourra pas marcher." (Ce ne sont pas ses mots exacts, je résume).
Aïe, ça, ça pique aussi : je ne peux pas, pour le bien de mes enfants, les mettre à l'école et estimer que je les mets dans un milieu malsain pour eux. Dit comme ça....

C'est dur à entendre, mais c'est plein de bon sens.
A ce moment je comprend que je vais bien être obligée de faire la paix avec l'école tant que mes enfants iront. 

Ok, mais comment je fais ça ?

Première piste que nous donne l'haptonome : y mettre du plaisir. Pour le cas des devoirs : transformer ce moment en un échange où l'on s'intéresse à ce que l'enfant à appris, un moment de partage, un jeu. Voir l'aspect positif et le faire fructifier.

Deuxième piste que je retiens de l'ensemble de la conférence : faire équipe avec le personnel enseignant. Toujours sur la question des devoirs, l'haptonome nous conseillait, si un soir ce n'est pas possible, d'aller voir l'enseignant le lendemain et lui dire :"hier, c’était pas possible" mais tout en confirmant notre soutien et en faisant preuve de bonne volonté. En gros, lui dire plutôt "on essaye, mais là c'est trop pour elle/lui, comment on peut faire?", plutôt que d'attaquer -déverser sa colère- en arguant que c'est interdit que c'est inutile, que c'est abusé, etc.  
Quelque chose qui m'a beaucoup aidé pendant cette conférence/échange, c'est que j'y ai rencontré beaucoup de personnel de périscolaire, d’enseignants qui ont a cœur d’œuvrer pour le bien des enfants et qui regrettent le manque d'échange avec les parents et les critiques dont ils font l'objet.
Une grosse partie de l'échange fut consacrée à : comment peut-on signifier notre désaccord ou notre scepticisme sans rompre le lien avec l'autre éducateur ? Et j'ai entendu une enseignante dire : "Et quand c'est nous enseignant, qui voyons un parent constamment en train de rabaisser son enfant et que ça nous fait mal ? On fait comment ?".
En fait, de manière générale, beaucoup d'enseignants cherchaient à aller plutôt dans le sens qui me paraît le plus sain mais se confrontaient à des parents qui eux, restent sur une vision très performative, autoritaire, de l'école et qui mettent la pression sur leurs enfants (dès le primaire !!). Me rappelant par là même que je reste, et vous aussi chez lectrice/lecteur, une exception dans ce pays. Et que, comme pour la question des violences éducatives, ce n'est pas seulement la faute d'un système mais le fait aussi que nombre de nos concitoyens ne sont pas prêts, tout simplement. 
Mais des enseignants concernés par le bien-être de leurs élèves, ça existe ! (voui madame ! ). (D'ailleurs ma fille va depuis 3 ans dans une école que j'apprécie énormément, et dont les instit sont tout bonnement en or). 

Alors bien entendu, les enseignants présents à ce type de conférence sont déjà dans une démarche de bienveillance, et ne sont pas forcément représentatifs de tout le corps enseignant.
Mais quand même, ne puis-je partir de l'idée que la personne qui accueillera mes enfants dans sa classe fait avant tout ce métier par conviction avant de m'inventer des problèmes qui n'existent pas ? Ne puis-je d'abord essayer de faire équipe avec cette personne pour le bien de mes enfants, avant de m'opposer ?
Si, je crois que je le peux.
D'ailleurs, suivre le chemin de mamans et enseignantes comme Elsa ou Céline m'aide beaucoup en ce sens

Troisième piste (issue de ma réflexion personnelle) : je suis pas obligée de jouer le jeu de ce qui me pose problème. Collaborer, faire équipe avec l'école sans pour autant être une "collabo".
Je peux très bien expliquer à mes enfants que les notes c'est pas une fin en soi plutôt que de leur dire "C'est quoi ces notes !?"
Je peux très bien les aider à faire la différence entre un bulletin et ce qu'ils sont.
Je peux très bien les aider à nourrir leur estime d'eux-mêmes face à des discours qui les rabaisseraient.
Je peux très bien les écouter dans leurs difficultés.
Je peux les aider à nourrir ce qui les motivent vraiment et les encourager.
Je peux ne pas être sur leur dos pour faire les devoirs comme si c'était un truc supra important dans leur vie.
Je peux les aider à avoir un discours critique sur ce qu'ils vivent et ce qu'on leur transmet.

Et surtout je peux nourrir leur soif d'apprendre à côté de l'école.
J'aimerais faire une parenthèse d'ailleurs à ce sujet. Il y a cette blague sur l'IEF qui dit "combien de temps il faut à une famille IEF pour changer une ampoule ? réponse : une semaine parce qu'entre temps on va chercher de la documentation sur Nikola Tesla, monter des ateliers sur l'électricité, créer un projet sur les énergies renouvelables et visiter une centrale électrique, etc."
Sous entendu, quand on est une famille IEF chaque moment de la vie est l’occasion d'apprendre. Mais on est pas obligés d'être en IEF pour ça !
L'école a largement assez de lacunes à combler pour nous laisser une marge de manœuvre énorme à ce sujet que ce soit dans la nature de ce qui est transmis que dans la façon de transmettre les choses.


Reste la quatrième piste, la plus difficile finalement: qui consiste à me regarder dans la glace en me disant qu'un jour un de mes enfants ou les deux me demanderont peut-être pourquoi on les a mis à l'école. Et moi je ne pourrais pas leur répondre "parce que c'est obligé", parce que je sais que c'est faux, et je ne mens pas à mes enfants.
Être capable alors de leur expliquer sans honte pourquoi pendant un moment ou pour toute leur vie, on a fait ce choix.... Chercher en moi ce qui me pousse à choisir cette situation aujourd'hui, confirmer ce choix en mon âme et conscience et l'assumer auprès de mes enfants et de moi-même.  
Je ne peux pas passer ma vie à me dire : "c'est mauvais pour eux mais bon, j'ai pas le choix". Je vais souffrir, ils vont souffrir et c'est pas vraiment le but de toutes mes réflexions.

Et vous, vous faites comment pour faire la paix avec l'école ? 


* je fais souvent référence à ces conférences qui ont lieu près de chez moi, animée par l'haptonome qui a suivi mes deux grossesses. Je ne lis plus vraiment sur la parentalité mais je continue de suivre ces conférences avec beaucoup d'intérêt. Voilà pourquoi elles sont ma source de réflexion principale. Malheureusement c'est une source que je ne peux pas partager avec vous....