lundi 25 septembre 2017

Comment j'ai réduit ma charge mentale

**ALERTE ARTICLE A RALLONGE**

Je vous avais partagé la désormais ultra connue BD d'Emma sur la charge parentale. En revenant sur sa page j'ai eu la tristesse de voir une autre BD "La faute des femmes", où elle évoquait à regret les suites très décevantes du buzz qu'a connu sa BD.

J'ai depuis pas mal de temps en tête d’écrire un article sur ce que j'ai changé dans mon quotidien suite à la lecture de sa BD, mais je l'avais mis de côté.
"La faute des femmes" m'a motivé à mettre la main au clavier.


Le triste constat que l'on peut faire d'emblée c'est que je viens d'écrire : "ce que J'ai changé dans mon quotidien". Parce que oui, malheureusement l'initiative est venue de moi seule sur ce coup.
Lorsque j'ai montré la BD à mon homme, en lieu et place de la révélation à laquelle je m'attendais, il n'a eu.... aucune réaction.
Mécommensépossible ???
Alors je suis revenue à la charge et s'en est suivie une prise de tête constellée de joyeusetés comme "ta BD de *BIP*"...
Bref, c'est pas sur ce coup-là que je décernerai la médaille du féminisme à mon homme.

Mais j'ai persisté et j'ai pris les choses en main, en 8 points que voici :

Number 1 : Papa-san au foyer

Suite à mon burn-out il a bien fallu qu'on revoit notre organisation familiale et au vu de tout le mal qui était généré par son travail, j'ai fini par dire à mon homme que c'était sa boîte, ou moi.
Ce n'était pas une menace en l'air, je n'en pouvais vraiment plus. Et mon homme sait que je ne menace pas souvent et jamais sans raison.
Quelques mois de préparation et d'économie pécuniaires plus tard, je reprend à 80% et lui partait sur un licenciement à l'amiable pour une vie de papa au foyer.
D'emblée je peux le dire : RIEN ne vaut cette expérience. RIEN ne fera plus prendre conscience à un homme (a fortiori un papa) de ce que c'est qu'une vie de femme (a fortiori de maman) que de vivre cette vie de maman. Même temporairement.

Et encore : il a la belle vie, car nous avons décidé de laisser la garde des enfants telle qu'elle était avant ma reprise les vendredis. Il dispose donc des lundis, mardis et jeudis pour s'occuper de la maison, du jardin, des bagnoles, et de tout un tas d'autres trucs sans les enfants.

Et encore : je reste dépositaire de la mission "courses" (le zéro déchet est à ce prix), je fais la plupart des repas (mais ça évolue !) et le mercredi c'est franchement moi qui m'occupe des gamins.
En fait à chaque fois que je suis là, la "charge" me revient illico, à commencer par le réveil de l'Homme qui semble ne plus fonctionner dès lors que maman ne part pas au boulot...
Choses dont je m’accommode pas trop mal puisque :
1- j'AIME passer du temps avec ma progéniture (bah oui...).
2- de toutes façons quand mes enfants sont réveillés je suis réveillée aussi (putain d'instinct maternel...)
Mais il persiste un petit sentiment d'injustice sur lequel on travaille...

Et encore, quand on me demande "Quand est-ce qu'il va retravailler ?", je répond qu'il travaille... à la maison, même s'il n'est pas employé. Car il est loin de passer ses journées avachi dans le canapé et je trouve important de le souligner. Aurait-il eu la même considération si nos situations étaient inversées ?

Bénéfice collatéral : nos projets avancent 10 fois plus vite depuis qu'il bosse à la maison. Lui qui ne jurait que par la valeur "travail/argent" il adore. Les enfants sont ravis et ont franchement renoué les liens avec leur papa. 


Number 2 : une tâche à la fois

Vous ne vous êtes pas reconnue vous, dans cette partie où la femme décide de ranger sa table basse ?
Vous savez..... ça !


Chose que les hommes ne font pas. Vous leur demandez de mettre la table : si en y allant ils croisent une chaussette sale au sol ils n'iront pas la mettre au linge sale.

J'ai fini par me dire que plutôt que de blâmer mon homme de ne pas faire comme moi, j'aurais tout intérêt à plutôt faire comme lui.

.... C'est dur au début ! Les réflexes ont la vie dure.
Mais je me suis accrochée et désormais, je m'attaque à une chose à la fois.
Bon de toutes façons, depuis mon burn out mon cerveau est doté d'une option "mise en sécurité" (un peu comme une chaudière) : si je le charge trop, il sature et déconnecte et je me retrouve hagarde au milieu du salon à ne même plus savoir pourquoi je suis là.
Donc j'étais un peu "obligée" d'en venir à ça.
Mais c'est sans regret.

Déjà je fais mieux : le 10 minutes par jour sur un spot précis fonctionne beaucoup mieux que de vouloir ranger la maison en entier d'un coup (n'est-ce pas Gwen ;-) ? ). 
Ensuite, j'en fais moins car oui, ce que je ne fais pas, au bout d'un moment, miracle ! - il le fait.
Et si personne ne le fait...; et bien tant pis !

J'ai fini par me dire aussi que ce ne sont pas mes journées qui sont trop courtes, c'est ce que je mets dedans qui est trop gros.
Alors je me simplifie la vie (MERCI à la sobriété heureuse ! Moins on en a, moins on en fait) et je dédramatise.
Ok, il y a du bazar au salon, ok les chambres mériteraient un coup d'aspi, ok la panière à linge déborde. Mais là, moi, j'en fait assez. Et ô miracle-bis, il se trouve toujours un moment dans la semaine où je suis motivée, où le moment s'y prête et où tout ce qui restait sera fait en 30 minutes montre en main.

Number 3 : je ne pense plus à sa place

Ouuuh, ça aussi ce fut dur !
Le plus dur ce fut lors de ses débuts de papa au foyer quand il fut chargé du quotidien des enfants.
C'est ainsi que le premier matin de sa nouvelle vie, au moment où je pars au travail (vers 7h30), mon homme me demande négligemment :
" L'école c'est à quelle heure au fait ?
- Et ben heureusement que tu t'en inquiètes avant que je sois dans la voiture ! ^_^ 8h30.
- Ok ! Oh ben j'aurais pu me lever plus tard ...
- (hinhin)
- et ça fini à quelle heure ?
- (11h45) (stop!) (- grosse respiration -) tu sais quoi ? Demande à la maitresse. Allez à ce soir !

Le soir :
"Demain je dois aller au Luxembourg chercher un papier au boulot
- Avec les gosses ? Ça va faire un sacré trajet !
- Avec les gosses ?
- Demain on est vendredi, je te rappelle que les gamins ne vont pas chez la nounou.
- Ah m**********de ! J'avais zappé
- (déjà...) - (vite j'appelle la nounou pour savoir si elle peut prendre les gosses) (euh attends, non ! C'est à LUI de gérer ça !) --> Ben, appelle la nounou et vois si elle peut garder les gosses.
- J'ai pas son numéro.
- (la nounou qui garde nos enfants depuis CINQ fucking ANNEES) (attends je te le donne) (non j'ai mieux : hinhin!) il est dans mon portable.
- pffff je me débrouillerai.

J'ai aussi dû me retenir de l'appeler tous les matins pour être certaine qu'il s'était bien réveillé quand j'entendais le réveil sonner dans le vent depuis 10 minutes au moment de partir au boulot. Et tout un tas d'autres choses.

Et au final, oui : il se débrouille. Minimog n'a jamais manqué l'école, il a emmené les gosses au Luxembourg où les anciennes collègues de papa les ont gavés de pain, de croissants et de foccacia. D'ailleurs ils les prend partout avec lui quand il doit faire quelque chose et je trouve ça super.

Je l'aide toujours un peu par moment :
" Quand est la réunion de rentrée ?
- 'chais pas !
- c'est pas écrit sur la porte de la classe ?
- Ah ? Ben chais pas, je lis pas les panneaux. Je savais pas qu'il fallait les lire.
- Mon cœur, dans la mesure où les gamins ne savent pas lire et que je doute que la maitresse s'affiche des mots à elle même en format A4 sur la porte de sa propre classe ...
- Ah ben oui...."

"Interro surprise ! Mardi qu'est-ce qu'il y a  ?
- Piscine !
- Nan ! C'est jeudi !
- Ah oui... La danse c'est mercredi... Elle va plus à l'anglais... chais plus !
- Théâtre ! 
- Ah ouiiii ! C'est où ?
- A la mairie
- Elle est où la mairie ?
- Sérieux ? Le gros trucs moderne qu'ils ont construit  à côté de l'église !!
- Ah c'est lààààà ? Et la salle elle est où ?
- Oh mais tu verras bien ! C'est la mairie d'un village de 200 habitants, y a pas 20 salles !
- C'est à quelle heure ?
- 16h30.
Et le mardi à 16h je reçois un SMS: "c ferme y a personne"
-_-....
Mais on progresse.

Number 4 : Etre responsable d'une situation que j'ai participé à créer

Autrement dit, arrêtez de faire comme si c'était à moi de tout assumer dans la maison.
Là c'est un effort personnel mais il est de taille.

Est-ce seulement à moi de gérer les papiers de la maison ?
Est-ce normal qu'il ne sache pas se servir de la machine à laver ?
Pourquoi suis-je la seule à remplir le lave-vaisselle ?
etc.

Désormais je n'hésite pas à inclure mon conjoint dans toutes ces tâches y compris une formation express et forcée sur la machine à laver ainsi que 3 séances chez le psy pour lui prouver qu'elle ne mord pas.

Évidemment au début ça ne diminue pas ma fameuse "charge mentale" puisque c'est moi qui le sollicite. Mais je remarque que petit à petit, il s'intègre de lui-même dans tout un tas de choses dont il n'avait pas conscience avant et à raison puisque je faisais toujours tout.

Me convaincre que ce n'est pas normal a été un premier pas et surtout, j'ai arrêté d'attendre que lui réalise l'étendue de l'injustice.
Bref, j'ai pris mes responsabilités parce qu'on est pas que des victimes, nous sommes parfois aussi nos propres bourreaux.

 

Number 5  : les enfants aussi font leur part

Du coup notre mur du temps reprend du service et va être customisé avec la routine de la semaine de façon à ce que Minimog prépare elle-même son sac pour la danse, celui pour la piscine, etc.

Et comme je le disais dans mon précédent article, j'ai aussi simplifié notre programme.
Fini les journées blindées en activités et sorties qui m’obligeaient à courir partout et préparer un tas de trucs et vive la vie simple.


Number 6  : Instaurer des routines

Encore une fois, ce n'est pas dans mon caractère mais la routine, les choses qui reviennent régulièrement, surtout avec des enfants en bas âge, c'est autant de choses qui économisent le cerveau.
Bientôt on teste même la routine des repas pour simplifier le combo courses/préparation et keskonvamangécesoir.


Number 7 : je demande de l'aide avant qu'il ne soit trop tard y compris à l'extérieur du foyer.

Ça ne diminue certes pas ma charge mentale à proprement dit mais ça m'évite d'être saturée.
En ce moment l'élément le plus important est le sommeil. Mon fils étant loin (looooiiiiin) de faire ses nuits, j'accuse une fatigue parfois proche de l'épuisement.
Du coup j'accepte de laisser Papa-san faire la grasse matinée mais en échange, il s'occupe des gamins si j'ai besoin de faire la sieste.
Pour qu'ils ne fassent pas de bruit ça finit souvent devant la télé (le meilleur allier des papas...) mais je vous avoue que là je ne suis pas regardante du moment que je peux me reposer. !
 
Et je peux vous dire que la première fois que les deux enfants sont restés en vacances chez papi et mamie j'en ai profité pour :
- (ranger la maison) dormir
- (faire une grand ménage) geeker
- (finir les peintures des chambres) lire, lire, lire
- (préparer les repas de la semaine) manger au restau  


Number 8 : savourer chaque victoire

Ça fait un peu revanchard mais quand je peux pointer une petite victoire sur mon tableau, ça me fait du bien.
Notamment au niveau des remarques désobligeantes

Vous je sais pas mais moi, en plus d'en faire beaucoup, souvent plus que lui, à ses yeux je n'en faisais jamais assez et il ne se gênait pas pour me le dire.

Mais là c'est fini, les remarques assassines de l'Homme qui rentre du travail sur tout ce que je n'avais pas fait alors que "j'étais à la maison avec les enfants, [et que] je n'avais que ça à faire" (véridique).
Fini les "C'est facile".

"C'est facile". Alors celle-là , je peux vous dire qu'il me l'a envoyé un jour dans les dents mais qu'il se l'ait reprise 10 fois en retour depuis que je rentre le soir de ma dure journée de labeur et que je retrouve la même vaisselle qui traîne, le même bazar sur la table et la même poussière dans les coins.

Je ne suis pas non plus sur son dos à tout bout de champ pour déverser ma rancoeur.
La replongée dans "Les homme viennent de mars..." m'incite à ne pas en faire des caisses.

Je sais, il sait, je sais qu'il sait, et il sait que je sais qu'il sait.
Il crèverait plutôt que de l'admettre mais je crois que depuis tout ce temps, les victoires des femmes se font ainsi : il faut choisir entre la gloire, qu'il ne nous céderont jamais qu'au prix de batailles sanglantes où acquérir de vraies victoires sur le terrain dans l'ombre.
Et puis le but n'est pas d'entrer dans un ping-pong de reproches à qui aura le dernier mot, mais de construire un équilibre au sein de la famille.

Alors je le laisse se gausser de sa nouvelle position de papa au foyer qui assume et qui assure, je souris aimablement, laissant paraître ma fierté devant cet homme si compétent (et après tout le portrait au vitriol que j'ai tiré de lui ici je peux bien le dire, un tas d'hommes ne feraient pas ce qu'il fait aujourd'hui).

Mais en aparté je lui balance quelques piqûres de rappel savamment dosées si besoin est :
"Tu vois mon chéri, quand tu rentrais du travail et que tu voyais l'évier dans cet état tu te fendais d'une remarque assassine et excédée à mon égard. 
Tu remarqueras que quand les rôles sont inversés, j'ai la décence de ne pas faire de même. 
J'espère que tu apprécies.
Je ne m'étendrais pas sur tout ce que je pourrais dire en ces circonstances. 
Les mots sont inutiles, je sais que la vie me donnera raison".
Que je savoure comme il se doit ;-)



En conclusion :

J'ai pris le parti d'être responsable de ma situation et de ne pas me poser en victime.
Aussi, plutôt que de m'échiner à expliquer les choses en espérant l'Illumination à un homme peu enclin à sortir de sa zone de confort, j'ai impulsé le changement dans le foyer.
Sans tambour ni trompette histoire de ne pas braquer Monsieur (je ne suis jamais arrivée avec mes 8 points en Power point et conférence sur le thème "Mon p'tit gars, les choses vont changer désormais").
Bien sûr, j'aurais préféré qu'il fasse tout cela de lui-même. Mais plutôt que d'être déçue que cela n'arrive pas, j'en viens à être heureuse de voir les choses changer et mon homme jouer le jeu, même inconsciemment.
Et puis si c'était moi l'héritière d'un système qui me place en être supérieur depuis ma plus tendre enfance, aurais-je l'envie de descendre de mon piédestal pour réaliser l'injustice de la situation ?
Bon ok, c'est ce que je fais en choisissant de vivre plus sobrement, plus écologiquement et en consommactant mais je reste quand même un membre bien établi des privilégiés de la race humaine qui vivent au dépends des autres.
Serait-on plus prompt à réparer les injustices mondiales que celles qui règnent au sein de notre foyer? 

L'important c'est que quand je me tourne vers ma fille (et mon fils) je me dis que par mon exemple, je leur montre que mon vagin et de prétendues compétences naturelles et innées ne m'obligent pas à être l'esclave de la maison et que je peux choisir de lutter contre les injustices dont je suis victime sans pour autant entrer en guerre ouverte.
Et que quand je me tourne vers moi, j'ai le sentiment assez agréable de participer à mon propre bien être et mon propre respect.
Il parait qu'on est jamais mieux servi que par soi-même....



Number 0 : maintenant c'est MOI qui traîne au boulot avant de rentrer à la maison ! 
Gniark gniark gniark.

jeudi 31 août 2017

J’ai lâché l’affaire avec les questions de parentalité pendant 6 mois : le bilan.

Mon besoin de lâcher prise sur les questions de parentalité ne date pas d’hier. Après m’être énormément penchée sur ces questions, m’être documentée à différentes sources, avoir expérimenté tout azimut, je ressentais le besoin croissant de diminuer tout cela pour me tourner vers ce qui nous était personnel et mettre les outils acquis au service de notre authenticité et pas d’une image parfaite de la famille modèle made in Montessori ou Filliozat.


Mais après mon burn out parental j’ai vraiment levé le pied sur les questions de parentalité et mon implication dans la vie de mes enfants. J’avais besoin de m’occuper de moi avant tout, et je dois dire qu’après avoir tout donner à mes enfants pendant 4 ans, j’ai eu besoin de faire un gros break avec tout ça. Un peu comme une indigestion de bonbons qui te dégoûte d’en manger.




Qu’en est-il aujourd’hui ? Quel bilan je tire de tout cela ? Avec comme question personnelle : est-ce que ça porte à conséquence de ne pas être toujours vigilent et hyper impliqué dans notre façon d’être parent ?



Et ben…… Un peu quand même….



...Ça dépend sur quel aspect en fait. 

I. Les bons côtés.



Par exemple, nos activités « culturelles » ont drastiquement diminué. Je ne passe pas de temps à chercher des activités à faire avec les enfants à la maison, mais j’avais pour habitude de beaucoup bouger avec eux et de leur faire faire plein de choses ailleurs.

Seulement, je sentais bien que je n’avais plus la force ou la patience de gérer une après midi où :

- à telle heure il faut être dans la voiture,

- pour être à telle heure à l’endroit du…. spectacle par exemple,

- en ayant préparé toutes les affaires nécessaires,

- en essayant de jongler avec la sieste du petit,

- en faisant au bas mot 20/30 minutes de route aller,

- puis se garer (et payer le parking)

- trimballer les gamins jusqu’au lieu dit

- attendre dans la queue

- attendre le spectacle

- spectacle qui va durer 45 minutes grand max

- repartir en sens inverse

- desfois pour aller voir/faire autre chose

- rentrer à la maison et m’entendre demander dans la voiture pourquoi on a pas été au parc.

-₋-




J’ai vraiment laissé tomber. Et avec le recul je me rends compte que ce n’est pas un drame.

C’est même mieux en fait.

Bon déjà, ça ne veut pas dire qu’on ne fait rien ! Houlà non. Mais on fait plus simple et moins souvent et moins d’un coup.

Le fait que l’on aille au parc du coin, à la plage, qu’on fasse des bulles devant la maison ou que l’on aille dans un parc d’attractions convient très bien à mes enfants. Je trouve même que l’on a gagné en qualité de vie depuis que l’on se contente de choses simples, à tout point de vue et je trouve ça plutôt bien que mes jeunes enfants prennent avec nous le temps de vivre simplement.

Prendre le temps de vivre, sans courir, sans tout le temps faire des choses. C’est quelque chose qui est tellement typique de notre société où il est mal vu de ne rien faire. J’en reviens moi même alors je me dis que c’est pas plus mal de ne pas calquer cela sur mes enfants.




Je vois passer tout un tas d’opportunités que l’on ne saisit pas en sachant que quand ils seront plus grands et plus autonomes et que ce sera plus facile on fera tout ce qu’on ne fait pas aujourd’hui et je n’ai pas le sentiment que ce sera trop tard sous prétexte qu’ils n’aient pas été exposés à tout un tas de choses dès leur plus jeune âge.

Déjà, j’aime l’idée de me dire que chaque âge offre son lot de possibilités et de découvertes et que vieillir, du coup, c’est génial.

J’ai aussi levé le pied sur la vitesse à laquelle je mets mes enfants dans « le vaste monde ».

Et puis, évidemment que l’on gagne à ouvrir leurs horizons, mais de plus en plus, pour moi l’essentiel est qu’ils soient nourris dans leur passion, dans ce qui les habite profondément et ça, ça peut se faire à tout âge.

Certes, un enfant à qui l’on parle dans deux langues dès la naissance sera naturellement bilingue. Même est-ce que l’on doit se flageller de ne pas l’avoir fait ? Et est-ce que ça l’empêchera d’être bilingue ou trilingue ou polyglotte plus tard si c’est ce qui lui plaît ?




Et je ne dis pas que c’est mal de faire plein de choses avec ses enfants. Ne serait-ce que parce que certains enfants ont des demandes très fortes. Et puis à chaque famille ce qui lui convient.

Mais je me dis que de ne pas le faire, ce n’est pas grave non plus. D’autant que nous faisons déjà plein de choses à côté : quête d’autosuffisance, progression dans le zéro déchets, engagement citoyen, alimentation bienveillante, cheminement spirituel pour moi. C’est déjà tellement énergivore. On ne peut pas tout faire et ma foi, je n’ai pas l’impression que mes enfants n’ont pas une vie riche sous prétexte que je n’aurais pas de quoi alimenter un compte instagram avec des photos sensas de notre quotidien.





II. Les mauvais côtés.


Il y a trois aspects de ma parentalité qui, quand j'en fais un bilan après cette période de lâcher prise, m'ont semblé avoir quand même pris du plomb dans l'aile et m'incite à une reprise en main.

Number one : la communication non violente.

Sérieusement, que les parents qui ont réussi à intégrer cet outil dans leur quotidien sans que ce soit au prix d'efforts acharnés lèvent le doigt !
Franchement, la CNV c'est un outil génial, et indubitablement un must dans la parentalité bienveillante. Mais quand tu n'y a pas été biberonné, si tu lâches les rennes, les mauvaises habitudes reviennent au galop.

De manière générale, la violence directe fait assez peu irruption dans notre quotidien, sauf en période de grosse fatigue nerveuse (j'ai beau prendre soin de moi, ça m'arrive encore et dans ces cas là il m'arrive de hurler ma décharge émotionnelle sur mes enfants).
On ne frappe pas nos enfants, on ne punit pas, on essaye de ne pas leur hurler des ordres dessus ça, ce sont des acquis sur lesquels je pense qu'on n'est "pas près" de revenir (parce que faut jamais dire jamais...Mais j'avoue avoir pensé "jamais") et dont l'inutilité et l'injustice nous sont assez flagrantes.

Mais les violences ordinaires dans le dialogue... Alors là, c'est une autre histoire !
- Ça va des phrases assassines (assez rares tout de même et clairement plus l'apanage du papa) : "Mais elle est IN.CA.PA.BLE d'écouter!" -ouch!.

- aux phrases mi-figue mi-raisin (dur dur de chasser le "tu" ! Il revient souvent celui-là ! Pourtant on peut lui substituer le "on", mais ça ne sort pas tout seul)
"Quand tu laisses trainer tes affaires dans le couloir ça m'énerve!". -aïe, presque!

- à ce qui est devenu ma grande spécialité : les jolies phrases dites sur un ton à glacer le sang.
Je vous écrirais :  "Minimog, quand les affaires trainent dans le couloir, ça a le don de m'agacer" : j'aurais droit à une mention honorable Faber et Mazlich. Mais si aviez le son, et que vous pouviez entendre parfois le ton sur lequel je les prononce, vous sentiriez toute la colère du monde vous tomber dessus et une menace sous-jacente d'autant plus terrifiante qu'elle n'est pas clairement exposée.

Quant à se mettre à la hauteur de mes enfants pour leur parler : pfiou, c’était de l'histoire ancienne ! 

A ce sujet, mes récents visionnages de vidéos d'Isabelle Padovani sur le sujet m'ont quand même aidé à mettre le doigt sur un point essentiel : avant d'être une formulation, la CNV c'est un état d'esprit qui consiste à être convaincu que l'autre à le droit de ressentir ce qu'il ressent, de faire ce qu'il fait et de dire ce qu'il dit. C'est pas gagné mais je sens que ça va m'aider à progresser.


Number two : les inégalités de fratrie.

Aïe aïe aïe alors là....
Bon, je ne tombe jamais dans le piège des comparaisons directes qui me font bondir (du genre : "ton frère il a mangé toute son assiette, lui!"), mais pour le reste, je plaide coupable.

J'avais beau m'être prémunie avant même l'arrivée de Raoudi, je l'ai pas sentie venir cette période où j'avais d'un côté un petit garçon tendre et souriant, toujours affable et aussi peu propice aux bêtises que générateur de rires qui n'avait pour seul défaut que de pourrir mes nuits par des réveils multiples et de l'autre une grande fille qui a perdu son charisme de bébé qui te met automatiquement de son côté et qui cumule les désagréables habitudes de nous ignorer dès lors que ça ne lui convient pas, de faire un peu n'importe quoi quand ça lui chante ou de nous trouver un drame à tous les coins de rue.
La différence se ressentait jusque dans leur façon de câliner (donc de remplir notre réservoir d'amour). Là où Raoudi pose gentillement sa tête sur notre épaule dans un abandon généreux et n'en sors que pour tendre les lèvres et plaquer sur notre joue un bisou baveux plein d'amour, les câlins de sa sœur ressemblent à des agressions en règle à grand renfort de je-te-saute/grimpe-dessus, je-tire-sur-tes-vêtements, je t'étrangle à moitié et autres joyeusetés.
Et je ne vous parle pas des bagarres entre frères et sœurs qui commencent et pour lesquels nous sommes toujours en train de blâmer la grande dès que le petit pleure (un grand classique).
Autant dire que pendant 6 mois, Minimog a morflé de ce côté.

Et puis j'ai pris du recul et j'ai eu plusieurs pistes de réflexions :

- la première m'est venue de mes copines puisqu'en leur en parlant, je mets en exergue des "défauts" de ma fille que l'on retrouve chez moi (genre beaucoup parler voire monologuer et peu écouter). Réponse :"commence par faire la paix avec toi-même et à t'aimer. Quand tu auras accepté ces "défauts" chez toi, tu les accepteras sûrement mieux chez ta fille". Hé ! J'ai pas des copines qui déchirent ? (bonus +5 en sagesse) et j'avoue que ce conseil-là, je l'avais pas vu venir non plus.

- Observation : Raoudi est-il si parfait que cela ? Ou du moins, Minimog n'a-t-elle pas de justes raisons d'être exaspérée ? Par exemple, Raoudi traverse la période "Ma sœur, ce modèle", qui, il faut bien l'admettre, doit lui taper sur les nerfs par moment.

- Retour au source de la bienveillance en mode continuum /Filliozat : elle nous force à réagir. Du coup ses agressions à notre égard ne sont elles pas des appels / des alarmes sur un besoin non comblé ou mal comblé ? Observation bis : Je connais ma fille : sous ses dehors de guerrière elle est sensible. Je sais notamment qu'elle a besoin de se sentir rassurée dans l'amour qu'on lui porte (merci maman...). Alors au lieu de lui faire des reproches, ne devrait-on pas soigner son réservoir ?

Bref, reprise en main : moments passés seuls avec elle, preuves d'amour, plus de recul sur les origines des disputes, un retour à l'implication de la grande sœur dans les soins apportés à son frère (très important ! On l'avait un peu perdu ça. Mais quand elle l'aide à s'habiller et à changer ses couches ou à se laver elle n'est qu'amour pour son frère) + le fait que Raoudi entre dans le terribeul two (ça équilibre la chiantise chez les enfants).
Pfiou, on rééquilibre un peu les choses !


Number Three : équilibre entre besoins des parents et des enfants.

Franchement, elle est pas facile celle-là. Entre le "je fais tout pour eux à mes dépends" et "Maintenant c'est bon je reprend mon espace et pis c'est tout !". Si je n'y suis pas vigilante, je remarque que je tombe dans l'un ou l'autre.

Pas grand chose de plus à dire là dessus, on cherche encore à faire rentrer tout cela dans nos journées de 14 heures + nuit pourrie.



La bonne nouvelle c'est que je vais pouvoir économiser mon énergie en sachant désormais ce sur quoi je n'ai pas à me prendre la tête et en ciblant ce qui me demande énergie et concentration. Mais en tous cas pour ces trois points ça me parait clair, sans un effort de ma part, ça ne tombera pas du ciel.









mardi 29 août 2017

Nos premiers pas en permaculture #3 - le paillage

Ni désherbage ?
Ni arrosage ?

Pas tout à fait.... Mais chez nous c'est très limité.
Le sol qui accueille nos parcelles potagères a bien été travaillé en début d'année, mais il n'a pas été retouché depuis. Du coup les "mauvaises herbes" poussent sans qu'on y touche.
- déjà elles poussent assez peu et nous n'avons pour l'instant aucune plante parasite.
- ensuite elles ne sont en général pas "mauvaises" : 1) ce sont des indicateurs sur l'état du sol - 2) si vous vous intéressez à la naturopathie vous savez sûrement que la grande majorité des remèdes à base de plantes sont fait à partir de ... "mauvaises" herbes ! A commencer par l'ortie qui est une panacée pleine de vertu pour la terre et l'organisme humain ou du plantain qui est une plante extrêmement utilisée chez nous. Donc avant de qualifier une herbe de "mauvaise", mieux vaut se renseigner sur ses vertus. Certaines plantes sont assez pénibles comme le pissenlit ou la consoude qui sont très vertueuses mais envahissantes et coriaces. Par chance, nous en avons assez peu voir pas du tout.
- certaines de nos parcelles sont des fourbis sans nom, ce qui nous oblige a mieux connaitre nos cultures et à vraiment apprendre à connaître les plantes.

Nous arrosons très peu. Et si l'on en croit l'expérience de Charlie qui est désormais maraichère dans une ferme permaculturelle, on peut ne pas arroser du tout. C'est en tous cas le parti-pris de son projet et les résultats sont bluffants !
Le fait de ne pas arroser oblige les plantes à s'enraciner plus profondément et non seulement elles sont plus robustes, mais elles se nourriront au passage de plein d'éléments différents présents dans les différentes strates du sol. 
Tout cela est rendu possible par un procédé assez simple : paillage du sol. C'est le fait de recouvrir le sol d'une couche de matériau naturel comme de la paille, de la tonte ou des copeaux de bois.  
- le sol est protégé du soleil donc l'humidité reste dans le sol
- c'est aussi la raison pour laquelle les plantes indésirées poussent beaucoup moins. 
- en se désagrégeant la paillage va nourrir le sol comme du compost.

Afin d'éviter d'avoir à importer nos matériaux de paillage (pas seulement pour des raisons financières mais aussi pour ne pas appauvrir d'un côté pour nourrir de l'autre), nous essayons au maximum de réutiliser les matériaux de notre terrain comme la tonte ou le broyage de bois.



Nos premiers pas en permaculture #2 - la tonte

Une tonte limitée.

Nous disposons d'un grand terrain (20ares) que nous n'exploitons pas entièrement. J'ai tanné mon mari pour que l'on limite la tonte au strict nécessaire.
1) moins de travail
2) ces herbes hautes sont les foyers d'une faune qui a sa place autant que nous
3) cette faune est remplie de petits alliés pour notre jardin fertilisateurs, pollinisateurs, dévoreurs de nuisibles ou simples "embelliseurs" comme les papillons. 
4) sans compter que si vous ne leur laissez que du gazon à côté, c'est très certainement vers vos cultures que les "nuisibles" vont se tourner pour se nourrir !

Je suis toujours assez triste de voir des jardins immenses recouverts de gazon tondu à ras alors que visiblement presque personne n'y met les pieds. Cela semble certes joli à l’œil pour certains mais c'est tout un écosystème qui est détruit à chaque fois. Ces parcelles inoccupées par l'Homme sont pourtant bien utiles à d'autres. 



lundi 28 août 2017

Alohée, les tambours et l'intention.

Une autre rencontre qui a pesé dans mon cheminement spirituel tout récent ce fut avec les tambours d'Anne-Marie Kouchner, chamane de son état, connue aussi sous le pseudonyme "Alohée".

Ce fut aussi une opportunité sortie de nulle part : un jour mon compte facebook m'indique que j'ai un évènement de prévu dans peu de temps. Je clique dessus, je tombe sur une rencontre avec cette dame dont je n'ai jamais entendu parler, il est question de tambour chamanique, c'est à 20 minutes de chez moi. Je n'ai absolument aucune idée de pourquoi je suis inscrite à cet évènement dont j'ignorais l'existence mais je suis mon instinct et je décide que oui, je vais y aller.

En fait de rencontre, c'est une conférence en mode "magistral" qui aura lieu et j'y arrive dans un stress intense. Partie à la bourre, je mets un temps fou à trouver l'endroit et chaque fois que je me gare pour demander mon chemin dans le quartier résidentiel labyrinthique où j'ai atterri, la seule réponse que j'obtiens c'est "vous ne pouvez pas vous garer là" sur un ton peu amène. J'en deviens limite mauvaise et je finis par trouver l'endroit juste avant le moment où je me dis que je déverse un flot d'insanités sur le prochain qui me répond "vous ne pouvez pas vous garer là".
Pourquoi le fait d'être en retard me fait autant enrager ? Je n'en sais rien. Après tout, c'est pas un truc important, personne ne va mourir, il y a trois jours je n'avais même pas connaissance de cet évènement.
En fait, je ne le sais pas encore (ou peut-être qu'une partie de moi le sens) mais j'ai rendez-vous... avec ma vie.

Arrivée sur les lieux je jette mon P.A.F. sur la table en m'excusant de l'état de stress dans lequel je me trouve et je fonce vers la salle. Anne-Marie est en train de faire chanter son tambour et elle-même. Je ne la vois pas, je l'entends seulement mais il se passe un truc à ce moment : je suis prise d'un élan intérieur qui me fait encore accélérer et le fond de mon âme souffle un truc qui semble dire "Enfin...".

Le temps que je m'installe et que je lève les yeux sur la scène, elle a fini de jouer. Il y a cet immense tambour au centre, magistral et je n'attends qu'une chose : qu'elle rejoue.
Elle le fera plus tard, avec un autre tambour "à main" et là, il s'est passé un truc énorme. Je l'ai vu jouer, et je me suis laissée emporter et j'ai vu des morceaux épars de ma vie, un tas de petits choses qui sont en moi depuis si longtemps, des petits riens qui nous habitent et auxquels on ne prête pas attention, des petits riens qui n'avaient à mes yeux aucun lien entre eux et qui là, avec ce tambour, prennent sens. Comme si j'avais passé 34 ans à regarder des pièces du puzzle de ma vie dont je ne savais pas quoi faire et là, tout à coup, elles s'assemblent et elle forme un tambour et je comprends tout cela. Intérieurement, j'en ai pleuré et j'ai été éperdue de gratitude pour cet instant.

Mais tout cela est très personnel, ça ne vous apportera pas grand chose. C'est juste que j'avais envie de partager ce vécu si fort avec peut-être des personnes chez qui ça résonnera.

Mais venons en au fait qui nous intéresse.

Ah, cette Anne-Marie ! Sacrée personnage. A la fois rayonnante et déroutante, dans le monde du chamanisme qui est déjà très ouvert, elle reste un personnage à part.
Sa vie est absolument hallucinante. Elle confesse avoir eu dès l'âge de trois ans la révélation de son état de chamane. A la même époque, elle sera victime de délits sexuels par un membre de l'entourage familial jusqu'à l'âge de 11 ans. Elle ressort de cette période avec une perte de mémoire énorme et fréquente beaucoup de psys, ce qui lui apprend pas mal de choses sur la nature humaine*.
Ses parents l'émancipent à l'âge de 14 ans et elle part pour le continent américain où elle baroude entre le Canada et les Etats Unis, où elle rencontrera -entre autres- un homme médecine native american avec qui elle est toujours en contact et qui fabrique les tambours qu'elle utilise et que certaines personnes acquièrent par son intermédiaire. Par écrit on à peine à y croire et pourtant quand on l'écoute, il semble impossible que tout cela soit faux (ou bien c'est la mythomane la plus douée que j'ai rencontré).
Non, il se dégage de cette femme une aura extra-ordinaire à la fois inspirante et troublante mais qui pousse à simplement se poser et à l'écouter.

Aussi lorsqu'elle délivre un message sur le secret de la plénitude, une salle entière de personnes très différentes l’écoute avec attention.
  
Le message qui m'a le plus touché dans son intervention fut "le pouvoir de l'intention".

"Nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive dans la vie".
 un message qui semblerait facile dans la bouche de certains mais qui prend toute son ampleur quand il est véhiculé par une personne qui a traversé ce qu'elle a traversé.

En fait, de responsabilité, il faut entendre que nous ne contrôlons certes pas tout ce qui nous arrive mais que nous avons toujours une part de responsabilité dans la façon dont nous le vivons. 
C'est un message vraiment, vraiment important parce qu'il place la personne dans une position d'acteur de sa vie et non de victime permanente. 
Prendre conscience de cela donne de l'espoir mais nous oblige aussi à nous prendre en main, à ne pas se poser en victime et à ne pas se contenter d'accuser le sort et à attendre que tout nous tombe dessus

C'est d'ailleurs un élément important de la pratique chamanique. Alohée nous contait sa toute récente expérience dans un ashram en Inde où elle avait passé un mois à partager la vie d'un gourou et de ses adorateurs qui, à travers lui, pouvaient accéder au savoir absolu et faire des "miracles".

"Le chamanisme c'est pas ça, le chamanisme c'est tout l'inverse. On ne vit pas des choses à travers quelqu'un en restant dépendant de cette personne. Le chamane c'est celui qui vous aide à aller chercher en vous ce qui vous élève et qui n'appartient qu'à vous".
  

Une fois que l'on a pris conscience de cela, on prend conscience du poids de l'intention
On ne peut vraiment aller quelque part que si l'on pose en préambule, une intention.



D'emblée nous nous plaçons en position d'acteur, nous reprenons les choses en main plutôt que de nous laisser porter. Et c'est ainsi que l'on ouvre des possibles.

J'ai tiré de cette conférence une métaphore visuelle de l'intention : c'est un peu comme si nous étions encerclés d'énergies denses qui nous entourent et qui représentent tout ce qui impacte notre vie : notre environnement, notre contexte de vie, notre histoire, le "destin", etc. Poser une intention ce serait comme envoyer une énergie qui émane de nous et qui part droit devant. C'est comme si cette énergie ouvrait un vortex dans laquelle nous pouvons avancer. Et non seulement ce vortex nous aide à nous frayer un chemin sans nous laisser à la merci des énergies qui nous entourent, mais en plus il aspire une partie de ces énergies pour les amener vers notre but.
C'est ainsi que naissent les synchronicités dont je vous reparlerai.


Ou, plus simplement, on peut le voir comme un phare dans la nuit. Merci google images...^_^**



Plus pragmatiquement, je vous donne un exemple concret et lambda.
Vous êtes célibataire et vous le subissez. Un jour vous décidez que, ça suffit, c'est fini. Non seulement vous allez réellement vous mettre en marche pour changer votre vie au lieu de vous demander pourquoi vous n'attirez personne, mais même sans rien faire, il se peut que des personnes viennent à vous. 
Ça n'a rien de magique, vous avez simplement changé quelque chose en profondeur qui est impalpable, une attitude, une ouverture, qui dit "je suis disponible à la rencontre" et de manière tout aussi impalpable, presque animale en fait, certaines personnes vont recevoir cette énergie et être attirée par vous.
   
L'intention nous engage. Donc elle nous donne plus d'élan, elle réveille nos possibilités et elle nous limite aussi. Nous utilisons plus d'énergie et notre stock étant limité, elle nous éloigne de la superficialité.
PAR EXEMPLE (nota bene sarcastique) : un parent lit un article sur un matériel pour enfant qui l'attire et que son premier réflexe, avant de lire l'article en profondeur, de prendre le temps de se questionner ou de faire une recherche par lui/elle-même, c'est de poster un commentaire depuis son portable en demandant :
"Tu l'as acheté où?
"Sur quel site tu l'as trouvé ?
"Vous auriez un tutoriel ?" - " il est dans l'article" - " ah bon pardon j'avais pas vu."
" ça à l'air super mais j'ai pas compris comment ça marche ?
" vous pensez que mon enfant pourrait s'en servir?"
un conseil : laisser tomber. Cette personne n'est absolument pas engagé(e) dans cet achat éventuel. Si c'est là le seul effort que ça lui inspire : c'est pas un indispensable ; dans ce cas le mieux est d'éviter de faire perdre du temps à la personne qui a écrit l'article, à soi-même et à ses enfants et de passer à autre chose. 
(fin de la "minute sarcastique", je reprends le fil).
Ce qui est valable pour mon exemple est aussi valable pour les achats sur leboncoin et une foule d'autres choses. 
De "Ça me saoule" à "ouais, cool !" -> ai-je posé une intention sur ce point ? -> est-ce que ça m'engage ? -> non ? - > alors ciao.

En fait, cette notion d'intention n'est pas propre au chamanisme évidemment. C'est la méthode Coué, c'est "Aide toi et le ciel t'aidera", c'est très certainement une idée véhiculée dans plein de stage et de conférences sur le "self empowerment" etc. 

Mais elle est primordiale et dans le chamanisme, elle est finalement à la base de beaucoup de choses. Le chamane est en fait celui qui aide l'autre à poser son intention et qui, par diverses pratiques, permet à cette personne de suivre la voie tracée par cette intention et à en tirer tout ce qu'elle peut.
(je reviendrai là dessus quand je vous partagerai ma petite expérience en matière de "voyages chamaniques").

Mais en attendant cet article est bien long.

J'ajouterai que pour conclure son intervention Anne-Marie n'a eu qu'un message :
" Le plus important ? Aimez-vous. Regardez vous dans la glace et dites vous sincèrement : je t'aime".
(bon ça je vous en parlerai en profondeur quand j'aurais réussi à le faire et j'en suis loin...)

Et vous pouvez retrouver Alohée en suivant ce lien https://vimeo.com/80541832.

 Son site internet est ici : www.alohee.com/
Et si vous avez eu la chance de vivre un partage avec Anne-Marie, n'éhsitez surtout pas à m'en faire retour ici ! Pour ma part je sais qu'un jour je me rendrai à Saints-en-Puisaye mais c'est pas pour tout de suite.

"J’accompagne les personnes à se confronter à leurs dénis, à leurs refus en sollicitant leur courage, leur force et leur cœur.
C’est une voie rapide vers soi même qui implique une prise de conscience de la responsabilité de création , et une ouverture du cœur dans l’apprentissage de la présence.

La Rencontre avec les Tambours est une Rencontre avec soi et des parties inconnues, oubliées de son histoire, de sa personnalité, de son âme.
La Rencontre avec les Chants est l'expression même de notre histoire.
Mon travail s'exprime à travers le Chant.

j'organise des ateliers qui se passent en plusieurs temps.
En arrivant, j’ouvre un espace qui se refermera au départ. Progressivement je vous amène à découvrir par différents moyens vos capacités, vos outils propres et votre voie. ( Tambours, chants, danses, méditations, travail deux par deux, relations à la Terre, aux éléments, aux animaux, à l’univers).
Vous abandonnerez au passage des vieux schémas limitatifs, des peines alourdissantes, des encrages erronés.

Je m’attache à vous aider à l’apprentissage de votre liberté et à rencontrer votre pouvoir d’être.

Rien n’est prévu à l’avance : Tout est en fonction de l’intention de chacun, du souhait de chacun, de la synergie du groupe, du lieu, de l’instant."








*Je me permets d'évoquer ces aspects de la vie d'Anne-Marie parce que c'est quelque chose qu'elle accepte de partager avec autrui, en conférence ou en interview- sans pour autant en faire étalage. Cela m'a semblé important pour recevoir le message que j'ai reçu dans toute sa force. Les mots ont leur importance mais la personne qui vous les transmet également. 



jeudi 24 août 2017

Les intelligences multiples d'Howard Gardner

En quelques mots, c'est l'idée qu'il n'existe non pas 1 intelligence mais DES intelligences qui sont plus ou moins importantes selon les personnes.

Gardner les a classé en 7 catégories (libres de droit, on peut en rajouter si on veut)
(vous les trouverez détaillées dans le dessin dessous et dans cet article wikipédia - entre autres....
https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_intelligences_multiples)





Cette théorie elle est vraiment géniale parce qu'elle permet de sortir de la vision étriquée que nous avons de l'Intelligence des gens, qui est renforcée par l'école d'ailleurs qui ne cherche à évaluer et ne valorise vraiment que certaines formes d'intelligences :

- scientifiques et linguistiques notamment: très valorisées

- kinesthésiques, musicales et spatiales sont évaluées mais rarement valorisées (alors qu'à contrario, les sportifs, artistes et musiciens qui usent de ces formes d’intelligence sont parmi les personnes les plus admirées). Leur place à l'école diminue avec l'âge des élèves : très présentes en maternelles, elle baissent jusqu'à ce réduire à peau de chagrin au lycée.

- intra et interpersonnelles.... ne sont même pas vraiment au programme et pas franchement prise en compte dans le système scolaire, sauf par les enseignants qui en font le choix.


Ces différences sont d'ailleurs souvent reprises chez tout un chacun. Un gamin qui revient avec 20 en maths et 2 en musique sera souvent couvert d'éloges et un gamin qui revient avec les notes inverses risque de passer un mauvais quart d'heure.

Et pourtant, aucune intelligence ne vaut mieux qu’une autre. C’est pourquoi j’aime beaucoup la présentation en cercle que l’on fait souvent des intelligences multiples.



Elle est également très utile pour comprendre le mode/canal d’apprentissage privilégié chez un enfant.
Et ça ça m’intéresse beaucoup parce que, dans mon cheminement personnel, je me suis d’abord détachée de la vision classique de l’éducation. instruction qui consiste à voir comme le disait Maria Montessori l’enfant comme "un vase que l’on remplit" plutôt que comme une" source que l’on laisse jaillir". 
J’ai appris des concepts comme la confiance en l’enfant, en sa capacité instinctive à s’intéresser à ce dont il a besoin, en sa soif naturelle d’apprendre et comme l’importance de placer l’enfant au centre actif de ses apprentissages.
Aujourd’hui j’en suis à l’étape qui consiste à prendre du recul sur les solutions miracles toutes faites, les étiquettes et les grandes théories pour essayer de voir l’enfant tel qu’il est, en tant que personne unique avec une réponse à ses besoins qui n’est pas celle de son voisin.

Du coup, la théorie des intelligences multiples est un très bon outil pour le parent ou l’instructeur en général de comprendre chaque enfant et son fonctionnement.
Et donc non seulement de l’aider à valoriser ses points forts mais aussi de savoir comment adapter notre transmission.

Je vous donne un exemple commun : les fameuses « mémoires » auditives / visuelles / conjoncturelles / etc. : certaines personnes intégrèrent mieux ce qu’elles entendent, d’autres ce qu’elles voient, d’autres qui se remémorent un contexte particulier qui va faire émerger les souvenirs etc.

Par exemple, pour apprendre mes leçons, j’avais besoin de remanier les cours des profs selon une logique qui me permettait de les intégrer. Je faisais donc pas mal de schéma ou de tableaux synthétiques ou frises à étages qui me permettaient de visualiser une question de façon globale et « logique ». Je ne faisais que peu de phrases, il fallait que ce soit concis et « efficace » et sur la base de ce noyau structuré, les éléments annexes me revenaient assez facilement en mémoire. C’est encore une habitude aujourd’hui.
D’autres ont besoin d’entendre les choses et pourront s’enregistrer en récitant un cours qu’ils vont pouvoir se repasser ou comme j’en avais l’habitude aussi, de se « raconter » la leçon à voix haute. D’autres auront des notes très structurées avec des couleurs, des sauts de pages, de lignes.
D’autres auront besoin de recopier les choses encore et encore. Etc.

Bref, cette théorie permet non seulement de percevoir que votre enfant est par exemple très porté sur l’intelligence musicale et que donc il vaut mieux pour l’aider à s’épanouir, miser sur ce qui va nourrir cette intelligence. Mais cela permet aussi de comprendre qu’il apprendra peut-être mieux les déclinaisons en allemand si on les met en chanson par exemple. 



Image que j'aime beaucoup parce qu'elle évoque des éléments qui peuvent aider à nourrir telle ou telle forme d’intelligence



Enfin, cette théorie des intelligences multiples permet d’ouvrir le débat et ô magie, de participer à placer les enfants (et par extension les personnes) sur un pied d’égalité.

Comment ?
Si vous trouvez des cercles d‘évaluation selon les intelligences multiples vous verrez des cercles sur le modèle de celui-ci.


Ça me fait beaucoup penser à la création d’un personnage quand on débute un jeu de rôle.

Votre personnage, en plus d’une race et d’une « classe », se verra attribuer des points de compétences à repartir dans diverses aptitudes.
Vous disposez pour cela d’un nombre limité de points qui vous sont donnés selon un jet de dés. 
Vous aurez certes plus ou moins de points de départ mais les différences ne sont pas colossales. Vous n’aurez par exemple pas un joueur qui part avec 12 points et l’autre 50.
Ensuite vous repartissez ces points et bien entendu, si vous choisissez de booster une compétence, ce sera au détriment d’une autre.

Je vois un peu les intelligences multiples ainsi :
- L’idée déjà qu’on naît tous avec à peu près les mêmes nombre de points.

- Que quelqu’un qui a une grosse compétence quelque part sera peut-être atrophié ailleurs. C’est souvent le cas de ces enfants dits très « intelligents » qui ont des intelligences logiques et/ou linguistiques surboostées mais qui souvent en pâtissent au niveau intra/interpersonnel (demandez aux mamans de -vrais- "zèbres" ce qu'elles en pensent)..

- Donc que contrairement à ce que l’on croit, il n’y a pas de personnes qui réussissent tout et d’autres qui ne sont bonnes à rien.

Simplement il y a des personnes qui ont la chance d’avoir été nourries dans leur intelligence de prédilection et qui vivent leur vocation, dans laquelle ils brillent (et croyez-le, forcément au détriment d'autres choses) contrairement à d’autres qui n’ont peut être pas encore mis le doigt sur leurs forces. sachant que certaines intelligences sont mieux valorisées et plus faciles à déceler que d'autres.


Donc ça veut que même toi, oui toi là, devant ton écran, tu es doué(e) pour quelque chose. Tu ne l'as juste peut-être pas encore trouvé.

Et justement, la vocation, je risque bien de vous en reparler... Mais je ne sais pas quand. ^_^